Comment lutter contre les violences à l' école? (Inquiétude 7)
La lutte contre la violence à l’Ecole : sommes nous condamnés à la démagogie ? D’après les recherches d’Eric Debarbieux (Professeur, Directeur de l’Observatoire International de la violence scolaire, Université Victor-Segalen Bordeaux II)
La violence à l’école est depuis les années 90 en France un sujet politique. En parler sereinement est difficile et le sujet attire les diatribes antipédagogiques les plus fumeuses. L’école est soit une forteresse assiégée par les sauvages du quartier, soit le jouet des enseignants « soixante-huitards » et d’un supposé laxisme tenant lieu d’explication universelle. Pourtant un savoir positif s’est construit en France et à l’étranger à propos de « ce qui marche » et de « ce qui ne marche pas ».
Contre quelle violence lutter ?
Commençons par être sérieux : ce qui a retenu l’attention en France (et dans le monde) par l’intermédiaire des médias, ce sont les meurtres de masse survenus dans des écoles américaines, dont le tristement fameux « Massacre de Colombine ». On en conserve l’idée que ces meurtres ont été commis par des jeunes. Or il convient de rappeler que la plupart d’entre eux étaient le fait d’adultes :
- Période 1964-2004
- 15 faits criminels (dont 5 aux Etats-Unis)
- 177 morts
- 128 de ces 177 victimes (70%) ont été tués par des adultes aux motivations très diverses : terrorisme ; idéologie sexiste ; démence
- A cela s’ajoute le massacre survenu en Russie en 2004 et dont le bilan exact n’a jamais été publié. On parle de 250 enfants tués par des terroristes lors d’un assaut des forces de l’ordre russes.
Cette violence extrême est heureusement marginale. En revanche, que ce soit en France, en Angleterre, en Australie ou au Canada, toutes les recherches considèrent que la violence à l’école est constituée de faits ténus, mais répétitifs et nerveusement usants, du genre « incivilités », « harcèlements » ou « micro-violences ». (Denise Gottfredson, une des meilleures spécialistes mondiales du problème, affirme après enquêtes que le véritable problème tient à la haute fréquence des « victimisations mineures » ou « incivilités/indignities en anglais). Nous sommes très souvent à la marge du délit plus que dans la délinquance ouverte.
D’où vient la violence ?
Le simplisme des analyses sur les causes de la violence à l’école serait d’un comique involontaire s’il n’était souvent à vomir. Deux exemples :
- « La violence à l’école a une cause : la décadence pédagogique liée au laxisme spontanéiste des pédagogies nouvelles mais aussi des parents, ces parents qui furent élèves en mai 68 et « salis » par sa luxure débridée s’opposant à l’ascétisme nécessaire à la transmission des savoirs, causant une défaite de la pensée ». Risible !
- La métaphore de l’école assiégée : la violence DANS l’école est rabattue sur la violence urbaine, violence d’intrusion, ce qui appelle une stratégie d’enfermement de l’école dans ses murs afin de la protéger des « sauvageons » de quartiers. Affligeant !
Le problème est que c’est beaucoup moins simpliste que cela. La violence d’intrusion représente 2,84% (Chiffre Ministère Education Nationale) de la totalité des faits recensés. (Allons jusqu’à 5% si l’on ajoute les faits avérés mais non déclarés). La violence à l’école est spécifique à ce lieu, elle n’est pas assimilable à une simple violence urbaine. Les résultats de toutes les études à ce sujet sont très clairs :
- aucun facteur pris isolément n’est à lui seul explicatif
- la « violence » juvénile n’est pas le résultat d’un processus biologique ni d’un processus de socialisation, fut il familial
(Voir L Fortin et M Bigras, Les facteurs de risque et les programmes de prévention auprès d’enfants en troubles de comportement, Québec, Behaviora Eastman 1996)
En fait, c’est la combinaison de certains facteurs de risques qui peut expliquer ce que l’on appelle la « violence juvénile ». L’étude la plus sérieuse à ce sujet est sans contestation The Cambridge Study in Delinquent Development, Farrington 1997. Celle ci démontre que le pourcentage des jeunes mis en cause pour crime violent passe de 3% de jeunes sans facteurs de risques à 31% de ceux qui combinent les quatre facteurs de risque suivants :
- Bas statut social de la famille
- Famille nombreuse
- Faible coefficient intellectuel
- Socialisation familiale défectueuse
La recherche a également démontré clairement que les résultats étaient différents suivant les écoles et le « climat scolaire ». (E Debarbieux, La violence en milieu scolaire-1, Paris, ESF 1996). La pédagogie pratiquée (style coopératif) et le style de gestion de la Direction (participatif) sont des facteurs de protection bien identifiés.
Enfin la recherche la plus impressionnante est celle de Christine Eith, professeur à l’Université du Delaware (USA). Son échantillon de travail était de 7203 élèves, ce qui est exceptionnel. Les résultats de son étude sont très clairs : l’existence des classes de niveau (les « Ability Grouping ») est un facteur majeur de risques, deux fois plus explicatif que la monoparentalité par exemple. La ségrégation scolaire est LE danger réel.
Ce qui ne marche pas et ce qui marche
Ce qui ne marche pas, c’est le traitement « extérieur » de la violence scolaire :
- La protection matérielle des sites scolaires peut être nécessaire lorsque les problèmes d’intrusion deviennent importants, lorsque toutes les autres solutions ont échoué. Mais elle ne traitera jamais en profondeur le problème. Pire même : elle créera un « effet cible » sur l’école « protégée » conçue alors comme une ennemie avec pour corollaire les violences anti-scolaires : dégradations, agressions contre les biens du personnel, agressions physiques…
- La simple présence de la Police ne suffit évidemment pas surtout lorsqu’il s’agit de fouilles de cartables et autres mesures aussi spectaculaires qu’inefficaces. Quant aux apports de la technologie de surveillance (caméras), pourquoi pas mais elles ne constituent pas la panacée
Deux études, américaines (USA), ont montré ce qui marchait et ce qui ne marchait pas en terme de lutte contre la violence scolaire. Ces études ont pour avantage de porter sur un très grand nombre de cas :
- Travail compilé et traitement de 221 études précédentes : les programmes développés ont montré que sur les 15% des élèves engagés dans une bagarre, 8% ne récidivaient jamais après application d’ un des programmes ci après
- Une autre étude, compilée après examen minutieux de 83 études a précisé l’ efficacité des programmes ci après :
Interventions centrées sur l’environnement :
Interventions sur l’école et la gestion de la discipline : Fonctionne dans tous les cas suivants : Crime/Abus de substances/Comportement agressif/Décrochage et absentéisme
Interventions pour établir des normes ou des attentes : IDEM
Gestion de la classe : Fonctionne en cas de crime/Abus de substance/Décrochage et absentéisme
Réorganisation des classes : Fonctionne en cas de Comportement agressif/Décrochage et absentéisme
Interventions centrées sur les individus :
Entraînement au self-control utilisant des méthodes cognitivo-comportementales : Fonctionne dans tous les cas
Entraînement au self control ou à la compétence sociale sans méthodes cognitivo-comportementales : Ne fonctionne pas
Interventions cognitivo-comportementales pour modification du comportement : Fonctionne dans les cas de Comportement agressif/Décrochage et absentéisme
Conseils, dialogues, travail social et autres interventions thérapeutiques : Ne fonctionne pas
Tutorat et soutien scolaire : Fonctionne en cas de Comportement agressif/Décrochage et absentéisme
Service communautaire et activités de loisir : Ne fonctionne pas ; prometteur en cas de décrochage et absentéisme
Denise C. Gottfredson, immense chercheuse américaine reconnue partout pour la qualité de ses travaux, affirme :
« Les écoles dans laquelle le corps enseignant et l’administration communiquent et travaillent ensemble pour planifier le changement et résoudre les problèmes ont des enseignants avec un meilleur moral et pâtissent de moins de désordre. (…)
Les écoles dans lesquelles les élèves perçoivent des règles claires, des actions valorisantes et des sanctions sans ambiguïtés bénéficient également de moins d’indisciplines.
Les écoles gouvernées par un système de valeurs partagées et d’attentes quant au comportement, dans lesquelles des interactions sociales profondes s’établissent et dans lesquelles les élèves développent un fort sentiment d’appartenance, ont l’impression que les adultes se soucient d’eux, bénéficient également de moins de désordre. » (Voir Gottfredson, P 71, in Sherman et Al., Evidence-based Crime Prevention, London and New York Routledge 2002)
Hélas l’opinion française et les responsables politiques doutent encore trop de l’efficacité des programmes de prévention. Pourtant TOUTES les recherches et leurs APPLICATIONS sur le terrain ont démontré et démontrent leur force. Elles sont fondées sur l’encouragement et non sur la répression, ce qui ne signifie en aucun cas le laxisme. Les stratégies purement behavioristes (style « camp de redressement ») n’ont aucun effet. En revanche, dans les cas les plus « lourds », un encadrement strict (militaire ou autre, là n’est pas le problème) ACCOMPAGNE d’un travail éducatif et culturel avec projet porte TOUJOURS des fruits.
Des mutations nécessaires
Il serait bon que les Politiques offrent les moyens aux chercheurs ET aux enseignants, ainsi qu’aux institutions associées, pour que ces programmes ne soient plus seulement des expériences ou des « objets » de recherches universitaires. Citons Egide Royer lors de la première conférence mondiale sur la violence à l’école (Voir citation dans E Debarbieux et C Blaya, Violences à l’école et Politiques publiques, Paris, ESF 2001)
« Nous savons énormément de choses sur la violence à l’école et sur les conditions d’efficacité des programmes, mais la redescente de ces informations sur le terrain n’a pas suivi la montée du problème. C’est d’abord une question de formation des enseignants, mais sans doute aussi de socialisation professionnelle. Il ne s’agit pas de trouver des programmes efficaces…mais de les accepter. »…puis de les appliquer ! (Note de l’auteur)
Ces problèmes de comportement et la recherche de leurs solutions ne doivent pas être considérés comme une charge supplémentaire au travail des enseignants mais comme une partie intégrante de celui-ci. Ceci implique des changements de perspectives dans la définition des charges d’enseignement, dans la formation des enseignants, dans l’aide aux enseignants, dans l’évaluation des enseignants. Une telle redéfinition de la politique de la formation se heurte souvent :
- à l’irresponsabilité des élus/décideurs
- aux syndicats
- à une partie des enseignants eux-mêmes
- aux anti pédagogistes
La simple existence d’une formation des enseignants du secondaire hors de la discipline qui les définit (Français/Maths/Langues/Etc.) est sans cesse remise en cause. En fait, dans la plupart des lieux de formation des enseignants, on apprend surtout à ne pas travailler en équipe et à ne pas prendre au sérieux la pédagogie. Le combat contre la violence à l’école est aussi un combat politique, un combat contre la démagogie.
Christophe
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Il y a un premier moyen, pour limiter...
...la violence à l'école, c'est d'abord que tout le monde sache rester à sa place, les enseignants , les parents, et les élèves!Les enseignants sont là, pour enseigner, les élevés pour apprendre, et les parents étant moins pédagogues que les enseignants, sont là pour emmener leurs enfants à l'école et pour faire faire les devoirs. Le problème actuellement c'est que les enseignants s'immiscent trop dans la vie de l'élève et par conséquent de sa famille, et c'est bien souvent là, que les problèmes commencent. Pour les cas d'enfants qui ont des problèmes qui viennent de son environnement, comme des cas de maltraitances, ou autres, par exemple qui sont ou non avérés, la question qu'il faut se poser, et qui est la suivante: "Est-ce que les enseignants, les directeurs d'école, sont vraiment formés pour cela, tant au point de vue de la véracité de ce qu'ils voient, et sont-ils formés convenablement d'un point de vue psychologique pour s'adresser à l'enfant ou aux parents si ils détectent une anomalie? Autre question:Quand un enfant est français mais qu'il ne plait pas pour diverses raisons à l'enseignant, est-ce qu'il est traité de la même manière? et:Un enfant étranger est-il traiter de la même manière qu'un petit blanc? et une autre question : L'école n'est-elle pas, là où tout commence, c'est à dire là où se forme déjà des petits clans entre petits copains?
Bien sur que dans tout ça, il y a peut-être une responsabilité des parents, ou plutôt une non-responsabilité, mais nous laissons quand même nos enfants 10 heures par jour à l'école. Alors quand chacun restera à sa place, décèlera une anomalie réelle, mais sera formé pour, que la vie privée des parents sera respectée, qu'un enfant différent ne sera pas rejeté, et ceci d'où qu'il vienne, et tel qu'il est, que les clans formés à l'école seront immédiatement dissouts par les enseignants, alors oui, peut-être y verrons nous plus clair, et que la violence aura moins d'emprise.Ceci n'est qu'un aspect, il y en à bien d'autres!
Je tiens à préciser pour cet article...
...que j'ai écrit ci-dessous, et pour lequel je dénonce certaines choses, et bien, que c'est ce que je l'ai vu, et c'est pour cela que j'en parle. Il n'y a rien de fictif dans cet écrit, tout est vrai. J'en ai d'ailleurs une autre, qui est la suivante: Dans une école à proximité de chez moi, une maitresse de maternelle, avait de sales habitudes, et surtout elle avait ces têtes parmi les enfants de sa classe. Quand un enfant ne lui plaisait pas, elle prenait un livre et et donnait un coup sur la tête du pauvre petit. Des fois, elle donnait des fessées, et elle les mettait au lit.
Si une chose pareille peut exister dans une école proche de chez moi, c'est surement quelque chose qui doit exister, ailleurs!C'est en partie pour cela, que quand un article de presse parait sur la violence à l'école, je ne me prononce JAMAIS, car il faut connaitre l'histoire!
Alors changeons déjà certaines choses, car récupérer son enfant de 3 ans à la sortie des classes en pleurs sans qu'il puisse vous dire pourquoi, car il à peur, il ne me semble pas que ce soit normal, non?
Parallèlement à cela il y a aussi de très bons enseignants et l'envers en ce qui concerne la violence existe aussi et est anormale. En un mot il y a du travail, dans tous les sens, à revoir en ce qui concerne l'éducation!