Contribution Collective Grand Nord Avenir (Nord, Pas-de-Calais, Somme, Bruxelles)

(Annexe 9 à la synthèse des contributions thématiques de Grand Nord Avenir (Nord, Pas-de-Calais, Somme, Bruxelles)
Question N° 8 (Nord-Sud)
Auteur : Marcel Donneger – citoyen, sympathisant PS, Adhérent à Désirs d’Avenir, Pays de Montreuil (62)

Constatations générales :

Il est remarqué que la formulation de la question est différente de celle posée initialement pour le débat et les propositions à faire au titre de la consultation participative. Cela résulte des remarques faites par les participants à la réunion qui s’est tenue à Arras le 26 avril dernier au « Faucons Rouges » en présence de Jean Pierre Mignard, Président de Désirs d’Avenir.

Sous la forme initiale ou sous celle posée par le comité Désirs d’Avenir Grand Nord, les propositions à faire résultent des constatations fondamentales. Ces constatations je les ai présentées dans une « note aux amis qui veulent la rénovation de la vie politique en France » que je leur ai adressée lorsqu’il m’est venue l’idée de tenter de créer un comité Désirs d’Avenir sur le littoral et particulièrement sur le Boulonnais car celui-ci en est dépourvu.

En préambule de cette note j’énumérais quelques propos que je reprends ci-dessous :

1°) la configuration de l’espace mondial a changé : il n’y a plus 2 blocs qui s’affrontent – le mur de Berlin est tombé depuis longtemps ! Il s’y est substitué l’émergence des pays en voie de développement.
2°) la mondialisation s’est installée, qu’on le veuille ou non ! Ceci est la conséquence de la modernisation des moyens de communication de toutes sortes qui permettent à beaucoup de « citoyens » du monde d’avoir accès à des connaissances ou à des produits auxquels ils n’avaient pas accès.
3°) les pays « riches » sont sans scrupules et n’hésitent pas à piller les richesses des pays du « tiers monde » lesquels sont confrontés par ailleurs, dans beaucoup de cas, à la corruption de leurs dirigeants.
4°) aucun mouvement politique, de quelque bord qu’il soit, ne peut se prévaloir, à lui seul, de détenir « les connaissances » pour assurer une vie meilleure à ses concitoyens autrement qu’en en privilégiant une partie au détriment des autres ; c’est pourquoi il est indispensable « d’imaginer » une société différente.

Lorsque Ségolène avait lancé en 2006 ses débats participatifs je lui avais adressé ma modeste contribution en tentant de répondre aux questions qu’elle posait. Je peux reprendre, en les aménageant, celles des réponses que je faisais pour donner mon avis sur le titre 4 : « Environnement et co-développement » :

En préambule je ferai observer que je déplore que l’on mette en avant les ressources
vivrières des habitants du tiers-monde en donnant des valeurs qui, effectivement, dans nos pays civilisés représentent sensiblement la valeur d’un paquet de cigarettes par jour ; En fait il faudrait analyser ces « ressources » en pouvoir d’achat sur le territoire où ces habitants vivent ! Dans nos pays ceux qui vivent, pour une famille, avec les ressources de l’ASS ne sont pas mieux lotis ! En outre je citerai un proverbe asiatique qui dit en substance : au lieu de donner un poisson à un homme apprend lui à pécher !

La question 1 laisserait croire que les populations peuvent entrer dans le processus de décisions. En fait les décisions et les moyens d’aide sont définis entre les dirigeants des Etats, ceux qui reçoivent et ceux qui aident.

Quand ces opérations sont faites dans la plus parfaite transparence cela est valable mais
il y a trop de pertes en ligne (bakchichs, rétro commissions, bref des sommes importantes qui vont dans les poches de « corrompus » de tous poils et de tout acabit !). La forme des aides ne correspond pas toujours aux besoins des bénéficiaires mais plutôt à ceux des « fournisseurs » !

Il serait souhaitable de s’appuyer d’avantage sur certaines ONG qui exécutent sur place
des actions tout à fait nécessaires et indispensables de formation des populations et de la jeunesse en particulier. Elles sont mieux à même de définir avec les autochtones les besoins qui sont les leurs !

Même de façon utopique il paraît difficile, voire impossible, d’intégrer les changements de gouvernance mondiale dès lors que le poids de certains pays et la façon dont ils conçoivent les marchés leur font faire la pluie et le beau temps.

Que se passe t’il effectivement dans les instances de toute nature et surtout financières ?
Je précisais que je ne pouvais pas répondre aux autres éléments de ce 4ème chapitre car je ne disposais pas de suffisamment d’éléments et que je ne voulais pas « tomber dans le y a ka, faut qu’on ! ». Ainsi formulées ces constatations ne font pas réellement
avancer le « Schmilblick » !

Pour répondre en partie à la question posée de savoir comment concilier ce qui semble inconciliable peut être faudrait il remettre un peu d’ordre dans les esprits et dans les mœurs commerciales !

Remettre de l’ordre dans les esprits :

Par exemple au niveau des produits alimentaires : pourquoi vouloir consommer des produits hors saison ? Par snobisme ou pour faire « comme tout le monde » ? Si ce comportement permettait aux pays du Tiers Monde de bénéficiait de ce type de mode cela pourrait s’admettre mais ce n’est pas le cas ; ces denrées produites en dehors des saisons de culture en métropole doivent être acheminées sur le sol français avec des coûts financiers et environnementaux ! Financiers avec les frais de transport et les marges des intermédiaires entre autres, environnementaux avec les pollutions liées aux énergies de toute nature nécessaires pour assurer ces transports ! Les producteurs du Tiers Monde ne sont pas mieux lotis que ceux de France !

Et que dire des flux pour assurer la transformation des produits : cela relève quelque fois de « l’hérésie » ! Le produit initial est en partie préparé dans le nord de l’Europe, repart dans le sud pour être conditionné !

Et que penser des produits dits de « commerce équitable » ; il me semble que cela a constitué pour certains groupes indélicats une occasion de réaliser des profits considérables dissimulés derrière un semblant de bonne conscience.

Au niveau des produits manufacturés il semble se produire le même type de rotation !

Il y aurait certainement lieu d’accompagner des projets industriels pour concevoir des « ensembles de productions » horizontaux !

Remettre de l’ordre dans les mœurs commerciales :

Certaines matières premières doivent provenir inévitablement des pays du Sud ; pourquoi ne pas « imposer » aux multinationales de créer « in situ » les usines nécessaires à la transformation de ces matières qu’elles exploitent.

Ce type de comportement existe déjà mais il se fait selon des règles qui ressemblent à celles de la jungle !

La lutte inégale du pot de terre contre le pot de fer ! Des contrats quasi léonins qui spolient les pays possesseurs de ces richesses ! Des contrats qui sont négociés avec des dirigeants parfois très « corrompus » et qui conduisent à des bakchichs et à des rétro commissions.

En tous domaines il faut œuvrer pour faire en sorte de faire « disparaître » les intermédiaires parasites qui ne font que « s’engraisser » sur le dos des moins armés pour se défendre.

Dans un monde où certains ne vivent que pour la course au profit l’on voit apparaître de nouveaux problèmes !

Pour pouvoir exporter des surplus de productions certains n’ont pas hésité à « transformer » les conditions de vie des habitants des pays en voie de développement sans prendre conscience qu’ils faisaient pire que mieux ! Comme je le disais à Ségolène lors de ses débats participatifs la France s’enorgueillerait en s’appuyant sur certaines ONG (contrôlées comme il se doit) qui, travaillant sur « le tas », sont les mieux à même de connaître les réels problèmes des pays émergents.

Le travail à effectuer doit être conduit avec la communauté européenne car il serait illusoire que la France à elle seule puisse se saisir du problème ; il serait d’ailleurs fort judicieux, quoiqu’il puisse en coûter à certains, de travailler certains dossiers avec des tiers-mondistes non sectaires ou dogmatiques.

Enfin et pour conclure momentanément ce premier travail faudrait il aussi analyser de façon consciencieuse et sans à priori les réels problèmes qui se posent dans la mutation qui se fait pour l’utilisation des agro carburants en remplacement des hydrocarbures ! Il ne faudrait pas tomber de Charybde en Scylla en « affamant » les peuples par la diminution des cultures vivrières.

Pour Marcel Donneger et les militants et citoyens de Grand Nord Avenir : b.huttner-cox@orange.fr

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