Contribution Grand Nord Avenir : Et la santé des salariés au travail ?

RESULTAT D'UN DES ATELIERS "GRAND NORD AVENIR" :

On ne peut nier que les contraintes économiques, la mondialisation, l’existence d’intérêts contradictoires dans les entreprises, mettent à mal les progrès chèrement obtenus tout au long de l’histoire sociale de notre pays.

Et que dire de la santé des salariés au travail ? Il est certain que les conditions du salarié au travail se sont dégradées. Avec toutes les conséquences néfastes, voire dramatiques, pour eux-mêmes bien sûr mais également pour l’économie.

Nous parlons de santé. Sans doute faudrait-il parler de "souffrance au travail".

Les praticiens de la Médecine du Travail sont en effet aux premières lignes, pour constater les dégâts. Si la souffrance physique est encore bien présente (malgré les progrès réalisés en matière d’aménagements de postes, les améliorations ergonomiques par exemple), il nous faut mettre ici l’accent sur les ravages causés par les maladies dues au stress au travail.

Ses effets sur la santé prennent une proportion inquiétante : problèmes cardio-vasculaires, hypertension, problèmes neurologiques, insomnie, etc … A tel point (parlons statistiques) que le B.I.T. a chiffré à 15% la part des arrêts de travail liés au stress. L’absentéisme, les pertes de productivité, les frais médicaux directs coûteraient entre 3 et 4 % du PIB, ce qui est considérable (plus de 50 milliards d’euros).

Les incertitudes sur l’emploi, la précarité y sont pour quelque chose. Mais, en cause bien souvent, les modes d’organisation dans les entreprises, les relations hiérarchiques, peut-être aussi les tensions entre salariés liées à la montée des individualismes.

Les salariés souffrent … mais les chefs d’entreprises ne se rendent pas forcément compte du phénomène !
C’est pourtant très important pour leurs entreprises. Des études européennes et internationales l’ont démontré, par des corrélations édifiantes : on y travaille moins bien quand il y a du stress. C’est vrai pour un vendeur par exemple, dans le secteur marchant ; c’est tout aussi vrai pour une infirmière …

Une autre corrélation a été faite, au niveau européen notamment , avec la qualité du dialogue social. Quand on sait que nous sommes les bons derniers …

Que faire ? Nous proposons :

- la reconnaissance des maladies professionnelles liées au stress (avec cette reconnaissance, entraînant un coût pour l’entreprise, les actions de prévention seront davantage activées !)

- le suivi du salarié, la consignation de tous les risques auxquels il aura été soumis dans sa carrière, d’entreprise en entreprise le cas échéant

- la formation des dirigeants, des cadres

- le renforcement des moyens mis à la disposition des Médecins du Travail

- le renforcement de l’indépendance de la Médecine du Travail

- la révision des politiques salariales poussant par trop les mesures individuelles

- enfin, un travail en commun avec les partenaires sociaux au niveau européen, sur la base de l’accord-cadre de 2004 (augmentation de la prise de conscience du phénomène, des signes annonciateurs de stress au travail)
(A noter qu’en 2007, un autre accord-cadre a été signé, portant sur le harcèlement et la violence au travail.)

5
Moyenne: 5 (1 vote)