Contribution Paris 13ème sur les questions 5 et 4
Conclusion
Voici résumée la conclusion des débats par Philippe :
La réunion et le débat ont montré la diversité des situations rencontrées et vécues par les militants de la PME de 5 salariés en croissance, à l’exploitation subie dans l’usine moderne que représente le centre d’appel, le supermarché ou la TPE du bâtiment en passant par les très grandes entreprises.
Cette diversité des situations appelle donc de la part des socialistes des solutions différenciées visant à mettre fin aux situations inacceptables et à vaincre les rapports de domination.
Le débat a montré aussi l’importance essentielle du syndicalisme comme source de contre-pouvoir et la nécessité de le rendre à nouveau attractif et l’ouvrir à une large partie de la population qui s’en est détournée ou s’en méfie.
Les Interventions
Eric
Représentant syndical CGT :
Pourquoi les salariés ne se syndiquent pas ? Par peur essentiellement, donc là la loi doit intervenir pour protéger et faciliter l’adhésion au syndicat.
Les lois Auroux ont été une marche ratée par les syndicats : ils portaient une volonté de mettre en avant la parole des salariés à propos de leurs conditions de travail.
Quelle place les chefs d’entreprise doivent-il donner aux syndicats ? Ceux-ci doivent devenir les porteurs de l’intelligence collective des salariés.
Il faut donc prévoir des temps de réflexion collective des salariés
Aujourd’hui le code du travail sert à mettre des battons dans les roues du patron parce que très souvent il n’y a pas d’autres moyen de négocier. Le droit du licenciement crée de la conflictualité et des rancunes. Il faut durcir le licenciement pour faute et faciliter le licenciement économique à condition que les syndicats soient associés plus tôt.
Il faut plus d’anticipation des mutations en associant les syndicats de salariés à ces anticipations.
Josselin
Etudiant, Josselin travaille dans un centre d’appels pour payer ses études :
Il décrit le centre d’appel comme l’usine moderne déplorant l’attitude des patrons qui considère les employés comme du bétail :
Le nœud du problème, c’est qu’il faut réintroduire de l’éthique.
Il n’y a aucune valorisation du travail, pas d’évolution possible sauf pour une infime minorité.
Il faut travailler l’idée de démocratie à l’intérieur de l’entreprise parce qu’aujourd’hui il n’y a aucune possibilité de faire remonter le sentiment collectif au management.
Armand
Il faut différencier les types d’entreprises.
L’esprit d’entreprise doit être développer notamment pour pallier au déficit d’exportation.
On doit aider les PME afin qu’elle puissent se tourner vers l’exportation.
Pourquoi une telle différence persiste-t-elle entre la France et l’Allemagne ?
Fabien-Pierre
L’image des syndicats auprès des salariés est très mauvaise. Ils sont très mal vu par les salariés et sont pris en enclume entre le patronat et les salariés.
Il faut faire en sorte que les CE devienne une source de syndicalisation
Pour favoriser la syndicalisation, une idée pourrait être de donner une annuité de retraite en échange de l’adhésion.
Il faut définir de véritable priorité sectorielle en faisant des choix. L’Etat doit choisir de favoriser des secteurs d’activités et les sociétés éthiques.
Le terme agilité des entreprises pose questions : ce n’est pas assez différentiateur avec le discours de la droite. Il ne donne de vision sur le développement de l’innovation et l’intérêt du travail.
Gonzalo
Le monde du travail est un monde en crise permanente. Le capitalisme est à la veille d’un Krach.
A nous d’inventer un capitalisme participatif opposé à un capitalisme insoutenable.
C’est sans doute naïf mais il faudrait rendre le syndicalisme obligatoire. Il faut trouver les moyens de ré-intéresser les gens au travail. Et la question clé est alors celle du mérite.
Les injustices sont telles qu’il y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond.
Nous devons développer la culture de projet chez les plus jeunes.
Thierry
Partage les vues de d’Eric sur le code du travail. Les syndicats manquent de moyens pour assurer une véritable protection juridique aux salariés face aux chefs d’entreprise.
Cette protection juridique pourrait devenir un service fourni par les syndicats, sous la forme d’une assurance obligatoire. Cette logique assurantielle permettrait de réintroduire les syndicats et développer un syndicalisme de masse.
Les prud’hommes sont une véritable loterie, il faut re-codifier pour sécuriser les acteurs.
En France, l’Etat est incapable de répondre aux questions de ces administrés et ceux-ci ont peur de s’adresser à l’Etat. C’est totalement différent ailleurs, en Grande-Bretagne, les réponses sont immédiates et les échanges très rapides et usuels. Cela représente un énorme problème pour les petites entreprises notamment.
En matière de gestion prévisionnelle de l’emploi, il faut diriger l’effort de formation vers les personnes les plus fragiles. Or il y un travail d’identification, de suivi qui doit être fait mais que les entreprises n’ont pas les moyens de réaliser.
En matière de formation, il faut pouvoir agir de manière différenciée mais c’est trop demander à l’entreprise.
Razak
Le drame français, comme décrit par T. Philippon, c’est l'insatisfaction et le mal être au travail des français ainsi que nos difficultés collectives à créer des conditions de travail constructives qui ont des effets particulièrement néfastes sur le chômage et l’emploi.
Pour permettre une évolution positive des relations sociales et créer un syndicalisme de masse, pourquoi ne pas confier en cogestion aux syndicats la responsabilité de la formation. Ainsi les syndicats auraient la responsabilité de l’anticipation des mutations.
Doté de budgets à distribuer et d’une offre de service en direction des salariés, les syndicats pourraient ainsi attirer des adhérents réticents, reprendre pied dans les PME et se développer dans les plus grandes en assurant l’employabilité des salariés.
Il faut développer dans l’éducation la culture de projet, cette culture du travailler ensemble, dans un projet collectif, le but recherché pouvant être ou non lucratif.
Thierry
Les syndicats souffrent d’une image vieillotte.
Il y a un retour généralisé en arrière : il n’y a plus de management et plus de lien de régulation dans l’entreprise. Les managers sont sommés de produire et ont donc maintenant peu de temps à consacrer au lien social dans l’entreprise, à l’anticipation des mutations.
Il y a une peur de l’anticipation : pas de communication, pas d’anticipation, sous valorisation du management, pas d’écoute, rien, même plus de logique de fidélisation des salariés.
Il y a une rupture entre ce qui est produit les collectifs et les usagers.
Etienne
Associé dans une petite entreprise de 5 personnes sur le numérique.
Il faut effectivement donner le goût du risque mais aujourd’hui nombre de très petites entreprises ont des difficultés à vivre et à croitre.
Il y a notamment la difficulté du financement du premier emploi :
Les banques sont extrêmement frileuses et ne prêtent qu’à des structures déjà rentables,
Le capital-risque réclame des croissances très fortes et implique une perte du contrôle de la société,
Les pôles de compétitivité sont un bonne idée mais ils ont ajouté un couche supplémentaire tout en n’arrivant pas à créer de synergie probante Université-Entreprise-Etat/Région.
Il faut s’interroger sur les raisons qui font que très peu d’ingénieur créent des entreprises. Une des raisons étant peu être qu’il n’y a pas assez de professeurs issus de l’entreprise ou ayant eu des périodes d’immersion dans l’entreprise.
Aimé
Il ne faut pas idéaliser les TPE et les PME, nombres de celles-ci ont des comportements absolument inadmissibles avec leurs salariés. Notamment dans le batiment.
Il faut vraiment songer à faire des politiques différenciée et sectorisée.
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