Mode de désignation du (ou de la) candidat(e) en 2011
POUR DES PRIMAIRES A GAUCHE ELARGIES AUX NON-ADHERENTS
Le 29 mai prochain seront définis à l'issue d'un vote du Bureau national les nouveaux statuts du PS. Il a été convenu que ce vote serait démocratiquement précédé d'un débat ouvert à tous les adhérents du PS. Nous nous en félicitons. Nous voudrions y apporter notre contribution.
On ne saurait trop souligner l'enjeu de la prochaine réforme des statuts. De quoi s'agit-il? Principalement, de deux choses : 1/ adopter le rythme des congrès du PS au quinquennat; 2/ redéfinir par voie de conséquence le mode de désignation du (ou de la) candidat(e). Or, autant le premier point ne fait pas difficulté, autant le second point fait problème. Ne nous y trompons pas : si la réforme proposée est votée en l'état le 29 mai, ce geste sera lourd de conséquences. Nous craignons qu'il ne se traduise par une autre défaite de la gauche, en 2012.
1/ C'est « pour tenir compte des effets du quinquennat sur [son] fonctionnement », est-il dit, que le PS propose de modifier le rythme de ses congrès. Quels sont ces effets? A lire le Rapport du Comité Balladur, il y va d'une accentuation de la présidentialisation du régime. Ce régime constitutionnel n'était déjà pas favorable à la gauche, ainsi que l'avait noté avec force François Mitterrand en son temps. Il lui est donc devenu encore moins favorable depuis 2002, année de l'adoption du quinquennat et de l'inversion du calendrier électoral.
Pour notre part, nous déplorons ces deux mesures, au vu précisément de leurs effets, largement prévisibles. Mais le temps n'est plus à la déploration; le temps est à la proposition. Qu'est-il donc proposé? Que les congrès aient désormais lieu tous les trois ans : « la règle que nous pourrions nous donner, est-il dit, est celle d'un congrès au moins un an avant les échéances présidentielle et législative, et d'un congrès dans l'année qui suit ces mêmes échéances ». Dont acte.
2/ Reste la délicate question du mode de la désignation du (ou de la) candidat(e) à l'élection présidentielle. Apparemment, trois réponses, et trois seulement, peuvent être envisagées : la désignation se fait ou bien avant, ou bien pendant, ou bien après le congrès. On sait que le choix proposé au débat est que la désignation se fasse après le congrès, précisément « au plus tard dans les trois mois qui suivent ». Pourquoi un tel délai? Parce que, est-il dit, « nous avons expérimenté la formule après le congrès, nous en avons tous vu les limites ». Dont acte?
Notons que le texte paraît se prévaloir d'une unanimité dans l'analyse des limites de cette formule, telle qu'elle a été pratiquée en 2006. Mais, sauf illogisme, on ne saurait conclure de ce que nous avons tous vu les limites de la formule expérimentée, à ceci que nous en avons tous vu les mêmes limites! Mais l'essentiel n'est pas là.
L'essentiel, nous semble-t-il, est à lire dans ce qui suit : « les adhérents procèdent à la désignation du (ou de la) candidat(e) du PS en vue de l'élection présidentielle ». Car ce sont ces lignes qui expliquent que n'aient été formulées que les trois propositions en question.
Ainsi, ne sommes-nous pas de fait invités à débattre seulement du calendrier de la désignation?
Une autre proposition est pourtant possible. Elle a l'avantage de prendre acte de l'accentuation de la présidentialisation du régime, autrement et sans doute mieux que ne le fait le texte. Laquelle?
L'essentiel n'est pas vraiment de savoir combien temps après le congrès se fera la désignation de (ou de la) candidat(e)!
L'essentiel est que soient enfin réunies les conditions d'une victoire de la gauche!
La première de ces conditions est que le (ou la) candidat(e) investi(e) par le PS s'inscrive dans une dynamique telle qu'il (ou elle) soit porté(e) en tête à l'issue du premier tour. Or il n'y a pas mille façons de susciter une telle dynamique autour du nom du (ou de la) socialiste candidat(e). Il n'y en a qu'une : confier à tous ceux des électeurs déclarant voter à gauche en 2012 le choix en 2011 de la désignation du (ou de la) candidat(e) socialiste qui sera ensuite investi(e) par le PS.
Car c'est seulement ainsi qu'il est possible d'espérer raisonnablement l'emporter au second tour, compte tenu de la prime au mieux placé des candidats à l'issue du premier tour. C'est en outre seulement ainsi qu'il sera possible de faire que l'extrême-gauche ne veuille pas très inutilement se compter une fois de plus, c'est-à-dire dénaturer la nature présidentielle de ce scrutin.
Nous demandons donc à ce que le Bureau national se prononce le 29 mai prochain sur la question de l'élargissement de la désignation du (ou de la) candidat(e) socialiste en 2011 aux non-adhérents se reconnaisant dans la gauche.
Nous craignons en effet qu'à défaut d'un tel élargissement, le (ou la) candidat(e) investi(e) par le PS ne représente que le PS, réduit pour ainsi dire aux acquêts, puisque son choix aura été l'expression de la volonté de ses adhérents seulement. Le PS, combien d'adhérents? Mais la gauche, combien d'électeurs?
Qui plus est, le PS, combien de courants? Car il n'est pas sûr que la formule suggérée par le texte, si elle était retenue, ne connaisse pas les mêmes limites que celles qu'a connues la formule pratiquée en 2006. Il serait selon nous naïf de penser que le soutien qui a fait défaut au sein du PS à Ségolène Royal (de l'avis de tous, s'ils sont de bonne foi), ne fasse pas à son tour défaut à celle (ou celui) des candidats qui sera investi(e) par ses seuls adhérents.
Or il n'y a qu'un moyen de mettre entre parenthèses le jeu des courants dans lequel sont plus ou moins pris tous les adhérents du PS : élargir le mode de désignation du (ou de la) candidat(e), de façon à ce que sa représentativité soit incontestable. Parce que nous ne voulons pas assister en 2011 à une réédition du congrès de Rennes, de sinistre mémoire, nous devons tout mettre en oeuvre pour en conjurer le péril.
Après ses défaites de 1995, 2002 et 2007, et devant la politique de régression sociale sans précédent à laquelle l'opposition assiste aujourd'hui, plus ou moins impuissante, la gauche doit impérativement vaincre en 2012! Travaillons-y en responsabilité! Osons nous adresser enfin directement à toutes celles et à tous ceux qui se reconnaissent dans la gauche sans pour autant se reconnaître dans le PS tel qu'il est, encore moins dans tel ou tel des courants du PS! Osons consulter enfin toute la gauche, et créer ainsi les conditions - au moins nécessaires - d'une victoire!
Jamais depuis J.-F. Kennedy les Etats-Unis n'ont connu une telle dynamique à gauche, selon le grand écrivain américain Russell Banks. Nous souhaitons pour notre part que la France en connaisse elle-même autant, toutes proportions gardées. Nous craignons simplement que le mode de désignation proposé, s'il était retenu le 29 mai prochain, ne soit pas favorable à l'éclosion d'une telle dynamique, pour dire le moins.
[Frédéric Postel]
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Mode de désignation du (ou de la) candidat(e) en 2011
Concernant le mode de désignation du candidat ou de la candidate en 2011 , je propose que les primaires soient élargies seulement (et je répète seulement) aux adhérents des autres partis de gauches partenaires du PS (notamment les verts , le PRG et le MRC) et seulement si les adhérents de ces partis le souhaitent . Ces primaires ne doivent pas être élargies à des individus non-adhérents à un parti , notamment un parti de gauche , parce que cela peut affaiblir le PS et son candidat à la présidentielle de 2012 ; un individu non adhérent à un parti est moins compétent qu'un adhérent pour traiter et analyser les dossiers politiques .
En ce qui concerne le rythme des congrès du PS , je pense qu'il doit rester le même , il n'y a pas besoins de le changer , adapter le rythme des congrès du PS au quinquennat ne changera pas grand chose . Sinon , je propose qu'un mini-congrés très restreint (juste entre quelques dirigeants) se réunit entre deux congrès du PS (sauf s'il y a un congrès anticipé) pour faire le point sur le PS , soit un mini-congrés tous les 3 ans .