Pas de formules creuses

On ne peut pas esquiver les problèmes par des formules creuses, telles que "il faut réguler la mondialisation".

La mondialisation, c'est précisément la dérégulation progressive et totale des échanges de biens, de capitaux et de travailleurs qui ont existé de tout temps, mais qui obéissaient à des règles que la mondialisation a pour but de supprimer totalement: "réguler la mondialisation" signifie donc " réguler la dérégulation", ce qui n'a aucun sens ( c'est un oxymore).

S'il s'agit de rendre cette dérégulation progressive et non brutale, c'est déjà le cas, c'est ce que fait l' OMC; mais le but est bien de supprimer toute règle autre que la concurrence totalement libre ( à noter que la lutte contre l'immigration est une lutte contre la mondialisation, c'est-à-dire contre l'immigration libre et totale; elle n'aura qu'un temps: en 2040,-c'est-à-dire demain- l' Europe comptera 300 milions d'habitants et l' Afrique, à ses portes, 2 milliards et demi d'habitants; les vrais "libéraux" en économie, comme Alain Madelin ou Bolkenstein, sont partisans de l'absence de tout frein à la libre entrée des travailleurs).

La mondialisation, dont le vrai nom est "globalisation", a pour but de construire ce que les libéraux (en économie) appellent "le village global", sans frontières, sans limitations d'aucune sorte (avec, notamment, la disparition des États), dans lequel tout le monde, sur la planète, est en concurrence libre, directe et "non faussée" avec tout le monde; elle entraîne un transfert des emplois vers les pays où la main d'œuvre est la moins chère, un transfert des richesses vers les pays détenteurs des capitaux et des brevets (d'où l'importance de la recherche comme seule possibilité de développement pour les pays encore actuellement riches), une disparition de toute forme de protection sociale et de redistribution des richesses autres que par la capitalisation (retraites par capitalisation, assurances privées remplaçant l'assurance-maladie de la Sécurité Sociale - les plans de généralisation de l'assurance-maladie aux USA, aussi bien d'Obama que de Clinton, s'appuyent sur les assurances privées).

Elle est potentiellement lourde de menaces, de conflits et de contradictions: aujourd'hui, la Chine détient, en dollars, de quoi acheter toutes les entreprises des États-Unis: pour l'instant, personne ne bouge ( la Chine est l'atelier des États-Unis, les États-Unis sont le plus grand client de la Chine), mais pour combien de temps? À mesure que le dollar baisse, la Chine s'appauvrit. D'autre part, les laissés pour compte de la mondialisation sont de plus en plus en proie à des réponses irrationnelles dans un système où ils n'ont pas leur place (l'intégrisme islamique est aussi un aspect de la mondialisation, et progresse en même temps qu'elle).

Et la France, dans tout ça? Elle paraît assez mal barrée, et son seul avenir semble être celui du tourisme, d'une réserve d'Indiens, d'une sorte de Disneyland.

Pour aller à l'encontre de cette évolution, il faudra bien autre chose que des formules creuses telles que "réguler la mondialisation" ou "être le Président du pouvoir d'achat" (notre pouvoir d'achat est condamné à baisser par la mondialisation, un chef d' Etat français n'a que la possibilité de déshabiller un peu les pauvres pour habiller un peu les miséreux).

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