Pour lutter contre le chômage, il faut réhabiliter la valeur travail par la motivation et le mérite
Un titre un peu polémique pour tenter de restaurer un mot, ‘mérite’, qui pour moi n'appartient pas à la droite mais à la gauche.
Tout d’abord un constat : alors que des offres d’emploi ne trouvent pas preneur, le chômage est devenu pour certains une forme d’assistanat, les allocations étant préférables à se lever tôt pour travailler.
Deux logiques s’affrontent alors pour tenter de résoudre le problème :
Tout d’abord considérer le travail comme un devoir. C’est la vision de la droite de Nicolas Sarkozy, qui se traduit par exemple par l’obligation d’accepter la seconde offre d’emploi sous peine de ne plus percevoir les allocations. Je considère qu’il s’agit d’une mauvaise stratégie, le travail étant alors considéré comme une contrainte. Alors je vois bien le chômeur accepter par la contrainte cette offre, pour ensuite tout faire pour être licencié par son employeur afin de retrouver sa paisible situation d’assistanat.
Enfin il y a une autre voie qui consiste à faire du travail une véritable valeur, qui doit être source de motivation. C’est celle en quoi je crois. Pour revaloriser cette valeur travail, il y a plusieurs pistes possibles :
- Une politique volontariste de l’Etat, pour aller chercher qui sont dans la difficulté pour leur proposer une chance de s’en sortir. C’était l’idée derrière le Contrat Première Chance défendu par Ségolène Royal lors de la campagne présidentielle. J’estime que si on vient vers le jeune en lui proposant un emploi pour qu’il s’en sorte, il sera davantage motivé.
- Un RSA réellement efficace, non financé par les travailleurs moins pauvres, car ces derniers seraient alors eux-mêmes démotivés par le travail.
- Une politique de grands travaux : la fierté (nationale, Européenne, ou simplement de participer à quelque chose de grand) liée aux emplois résultants pourrait permettre de revaloriser le travail. De plus le calcul économique n’est pas nécessairement perdant, le fruit des grand travaux pouvant être source de rayonnement culturel ou économique : ne vaut-il pas mieux dépenser plus pour un projet utile plutôt que de dépenser moins mais de façon inefficace ?
- Revaloriser les salaires des métiers les plus pénibles, parce que tout travail mérite une juste rémunération.
- Revaloriser le mérite dans le travail.
Je m’explique sur ce dernier point. Alors que Nicolas Sarkozy a beaucoup utilisé le mot ‘mérite’ lors de la dernière campagne présidentielle, j’estime que ce mot appartient à la gauche, et non à la droite. Pourquoi ?
- Parce que tout d’abord, le mérite ne s’applique pas qu’à l’homme, mais également à son travail : comme dit plus haut, tout travail mérite un juste salaire.
- Ensuite parce que le mérite s’oppose au piston et à l’argent. Il faut par exemple opposer les concours de la fonction publique qui offrent les postes à ceux qui les ont mérité aux nomination des « fils à papa » aux directions d’entreprises alors qu’ils ne le méritent pas tous. Or le déterminisme par l’argent est au coeur de l'idéologie de la droite !
- Le mérite s’oppose à toute forme de discrimination, la personne de couleur étant embauchée par son mérite (son diplôme et ses qualités) et non rejetée à cause de son apparence.
- Enfin le mérite peut être un moyen de motivation lors de la vie active : il faut encourager celui qui travaille mieux, sans que cela ne devienne une contrainte (la pression du résultat) pour celui qui, par choix de qualité de vie, se contenterait du minimum. Mais encourager la valorisation du mérite augmenterait la motivation, et restaurerait le travail en tant que valeur. Et cela s’oppose à la vision de la droite selon laquelle le travail ne serait qu’un devoir et une contrainte (suivre le résultat ou être licencié).
Evidemment que le mérite est basé sur des critères justes : par définition (en voici une intéressante : http://www.toupie.org/Dictionnaire/Merite.htm), le mérite est ce qui rend une personne digne de quelque chose (considération, estime, récompense,…). Dans un sens plus large, le mérite d’une personne est l’ensemble de ses qualités. Or disposer d’argent n’a jamais été une qualité, surtout si il n'a pas été gagné par soi-même. Il ne peut donc pas avoir de mérite sur des critères d’argent !
Je le dis haut et fort, la gauche doit se réapproprier le mot ‘mérite’ !
- Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires