Pour de nouvelles pratiques militantes

Pour de nouvelles pratiques militantes

Le PS est un parti qui a pour vocation de gouverner la France à travers ses différentes instances en appliquant un programme qui est adapté à la fois à la réalité de son époque et à ses valeurs et principes.
Les programmes politiques concoctés dans les « officines spécialisées » des experts ont perdu toute légitimité auprès des français.
L’élection permet seulement de choisir un ou des candidats. Elle ne permet plus de légitimer un projet politique sur le moyen ou long terme.
Le PS, en cas de retour au pouvoir, doit devenir un outil de validation permanente des politiques publiques élaborées par toutes ses composantes, y compris ses militants de base, ses sympathisants, ses experts, et mises en œuvre par ses élus.

D'où la nécessité pour lui :
 de rassembler le maximum d'adhérents et de sympathisants partageant ses valeurs, issus des différentes composantes de la société, porteurs d’expériences et d’aspirations diverses.
 De mobiliser cette intelligence collective afin d’inventer des nouvelles solutions pour répondre aux préoccupations des Français en organisant un vrai débat public à tous les niveaux, en et hors le sein du parti.
 De collecter les idées issues de ces débats de façon à faire émerger les voies programmatiques en phase avec les aspirations des citoyens.
 De concevoir des méthodes efficaces pour mobiliser l’intelligence collective en utilisant les nouvelles technologies de l’information et de la communication.
 De former les adhérents à ces méthodes

L'abaissement de la cotisation à 20 € n'est pas la seule solution à ces objectifs.
Le PS n'a pas conservé les adhérents qui se sont inscrits en vue de participer aux échéances électorales de 2007. La cotisation à 20 € la première année, telle que la prévoient les nouveaux statuts, va dans le bon sens, mais n'est pas la condition suffisante pour tendre vers ce qu'on appelle un parti de masse.
Il faut aussi modifier les pratiques militantes. Celles en vigueur actuellement ont pour effet de réduire les adhérents de base à n'être que des éléments d' « écuries » au service de notables et d'assurer leurs réélections.

Manque de renouvellement idéologique et programmatique du parti, difficulté de réintégration des cadres et des élus dans la vie civile et manque de perspectives pour les nouveaux adhérents font du PS un parti sclérosé qui peine à s'adapter à la société changeante du monde moderne.
Sa mutation ne se produit que par à coups et par crises à répétition.

Il convient de donner au militant la place qui lui permette de se sentir partie prenante de la vie collective du parti et, ce faisant, insuffler au PS sa vigueur aujourd'hui confisquée par une caste dont la finalité consciente ou inconsciente est de se perpétuer.

Cette contribution a pour objet de formuler quelques pistes en vue de communiquer à ce parti l'élan que la société attend de lui.

Pour un parti où chacun a des droits mais aussi des devoirs : le contrôle des élus

« Si je suis élu, j'augmenterai de 25 % les petites retraites immédiatement »... Qu'en est-il aujourd'hui? Nicolas Sarkozy n'applique pas son programme est n'a de compte à rendre à personne, ni devant les urnes, ni devant les militants de l'UMP.
Afin que, nous socialistes, puissions nous prémunir de ce genre de situation, seules des mesures courageuses peuvent être prises :
1. Equilibrer le rôle des élus par rapport aux militants. Les militants doivent reprendre le contrôle des élus en s'inspirant des jurys citoyens qui ont pour objectif de garantir que la ligne suivie par l'élu est bien conforme aux perspectives. L’élu reçoit une double légitimité. Celle des urnes (des citoyens), certes. Mais d’abord celle de l’investiture de son parti. A ce titre, il doit rendre compte de son mandat de manière réelle et pragmatique aux adhérents qui l’ont investi. Il doit rechercher une validation permanente de son action auprès des adhérents.
2. Organisation et encadrement de cette validation par le Parti. La démocratie participative est un combat de tous les instants consistant à donner aux adhérents les moyens qui leur permettront de contrôler, valider et éventuellement modifier le mandat confié à ses représentants. Une cellule de veille représentant les diverses sensibilités obligées ainsi de travailler ensemble pourrait être constituée.
3. Non cumul des mandats. Ce vieux débat doit être mené à son terme et ses conclusions appliquées à tous les niveaux. Exemple : arrondissement, mairie, région, société d’économie mixte …
4. Désignation des candidats. A tous les niveaux, elles doivent être faites en toute clarté, par des commissions dont les membres sont élus à la proportionnelle des sensibilités du parti et validées par les militants concernés. Les textes doivent empêcher que ces commissions soient de simples chambres d’enregistrement. Cette phase de désignation des candidats est particulièrement difficile et très mal vécue par les adhérents qu’ils soient ou non candidats.
5. Présentation des candidats devant les militants. Cela permettrait une meilleure vision des listes et de dépasser l’idée des seuls courants.
6. L'intervention des fédérations ne peut avoir lieu qu'à titre exceptionnel et validée par le bureau national.

Pour une section au service des militants : nous ne faisons pas de la politique uniquement pour gagner des élections

L'une des critiques majeures de notre fonctionnement en section est que trop de militants ont le sentiment de n'être qu'au service de combats électoraux. C'est d'ailleurs ce que la secrétaire de la section Convention a eu l'honnêteté d'avouer lors de l'AG du mois de mai...
La victoire électorale est certes l'enjeu majeur de tout combat politique, mais la vie de notre parti ne saurait se réduire à une distribution de tracts ou un collage d'affiches.
Bien des énergies pourraient être mises à profit pour d'autres actions, sous différentes formes, et pour d'autres fins qu'électorales. Pétitions, boycotts, actions solidaires, soutiens aux manifestations sont autant d'actions que nos sections pourraient développer!
Afin de remédier à ce problème, nous vous proposons les solutions suivantes :

1. Les sections dans Paris sont trop importantes et rendent impossibles le débat en AG et transforment les militants en godillots. En effet, ils ne trouvent pas leur place dans les assemblées où les prises de parole sont forcément limitées et reviennent aux habitués. Après un court passage, ils s'en vont. Ce qui fait que le nombre d'adhérents et de militants dans ces sections est extrêmement faible par rapport à la population. Au-delà de 500 adhérents toute section pourra être divisée en deux parties équivalentes et selon un périmètre voté au 2/3 d'une AG. Ce vote doit être validé par la fédération dans un délai de 3 mois, la fédération ayant le dernier mot.
2. La CA et/ou le bureau de la section doit préparer l’ordre du jour de l’AG et organiser les décisions politiques prises lors de celle-ci, le plus souvent possible sous la forme participative.
3. Chaque début d’année (scolaire), les fédérations envoient à tous les militants un courrier les informant des commissions thématiques existant à l’échelon fédéral et les invitant à participer à leurs travaux.
4. Il faut envisager la faisabilité du vote par procuration en section car tous les militants ne peuvent pas être disponibles aux dates et horaires des votes. Pour éviter tout abus, chaque militant ne pourrait recevoir qu’une procuration, transmise par le mandant au secrétaire de section qui, après avoir fait annoter la liste électorale, en informerait le mandataire. Cette procédure nécessitera une organisation et un contrôle rigoureux qui n’existent pas dans notre parti.
5. La formation des nouveaux adhérents doit être obligatoire. La CA doit veiller à ce que chaque adhérent trouve au sein du parti une activité en conformité avec ses aspirations. Chaque adhérent peut proposer une activité selon ses compétences.
6. Des « ponts » doivent être mis en place entre les différentes sections avec des membres élus selon la règle de la proportionnelle afin de créer les liens nécessaires à une action coordonnée du parti (exemple : comité de campagne législative ...). Des règles communes doivent être mises en place au sein de chaque fédération.
7. Créer une instance conduisant à informer les militants du travail des élus, puis à donner cette information aux citoyens par tracts et réunions. Il convient d’autre part de faire remonter les problèmes, de vérifier l’évolution des dossiers ce qui permettrait aux militants d’être des relais auprès des citoyens.

Un groupe de camarades du Pacte Rénovateur 15
8 juin 2008

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