Réforme du système financier
Grâce à l’abandon de l’étalon-or, la Réserve Fédérale américaine a créé plus de dollars papier entre 2000 et 2008 qu’entre la fondation des USA en 1776 et 2000. cela a donné une généralisation d’une économie mondiale d’endettement auquel, Etats, entreprises et particuliers ont eu massivement recours bien au-delà de leurs besoins réels et de leur capacité future de remboursement. Aujourd’hui la crise des « Subprime mortgages » affectant les emprunteurs américains dans l’immobilier contamine l’ensemble des acteurs bancaires et des investisseurs internationaux via la titrisation, puisque la production massive de dette est devenue le ressort principal de la croissance des économies américaine et occidentales.
Tant que le monde entier acceptait les bons du trésor américain en dollar comme instrument principal quasi-exclusif de placements de liquidités internationales, la réalité de l’endettement exponentiel a pu être occultée. Avec la mondialisation, synonyme du transfert de l’essentiel de ces liquidités en faveur des pays enregistrant des excédents croissants de commerce extérieur et de balance de paiements parce que producteurs de matières premières dont la demande explose, et / ou parce que fabricant de plus en plus de produits finis à un coût de production très faible, ces pays ont finalement réalisé qu’ils ne pouvaient plus accepter une accumulation sans limite de balances dollars au risque de se ruiner.
D’où leurs actions récentes en investissements directs dans les matières premières, métaux précieux, etc. et indirects dans des banques (6,6 milliards d’euros ont déjà été injectés par Singapour dans l’UBS en difficulté qui recherche maintenant 6,6 d’euros milliards complémentaires pour éviter la banqueroute) et entreprises occidentales par leurs fonds souverains dont la fortune totale est actuellement estimée entre 1300 et 2100 milliards d’euros selon les sources. Elle dépasserait les 7800 milliards en 2017 selon la Standard Chartered Bank.
C’est parce que les USA rémunèrent très faiblement les placements de ces acteurs étrangers en dollars et qu’ils ont délibérément choisi de le laisser chuter, que la situation hégémonique du dollar est remise en question. La crise monétaire et financière actuelle serait donc structurelle et non pas passagère. Elle ne peut que s’aggraver si le dollar continue sa chute.
Certes, pour financer leurs économies d’endettement la Réserve fédérale et à un moindre degré les autres banques centrales occidentales, peuvent continuer de créer presque toute la liquidité artificielle qu’elles désirent. Elles vont se heurter au refus des pays excédentaires de l’accepter et à l’inflation que ces politiques provoquent.
Si rien n’est fait pour en finir avec les « politiques monétaires » des banques centrales, à terme, après l’effondrement du dollar, ce seront l’ensemble des principales monnaies étatiques ou régionales fiduciaires de papier – toutes basées sur une plus ou moins grande réserve en dollars – euro compris qui seront détruites. Cela au profit de monnaies privées qui seront créées par toutes sortes d’acteurs économiques non étatiques en mesure d’offrir au public une offre alternative de meilleure qualité que la production de monnaie étatique.
Pierre Leconte, auteur de « La grande crise monétaire du XXIème siècle a déjà commencé », édition Jean-Cyrille Godefroy à Paris, novembre 2007, nous rappelle qu’en décidant, en juin 2003, de fixer le taux d’intérêt à court terme sur le dollar à 1%, son plus bas niveau historique, négatif parce qu’alors inférieur au taux d’inflation américain, et maintenu à ce plancher pendant près d’un an, Alan Greenspan a pratiqué une véritable distribution gratuite d’argent ! Son successeur Ben Bernanke, en décidant depuis août 2007 plusieurs baisses des taux d’intérêt à court terme américains a commis la même erreur parce que ce n’est pas en provocant la chute du dollar que l’on parviendra à stabiliser la valeur des actifs (actions, obligations, immobiliers etc.). Il vient de récidiver.
Aurons-nous le courage au PS de dire que la création à l’infini par des Banques centrales de bulles successives sur la plupart des actifs comme moyen temporaire d’échapper aux dures contraintes de l’économie réelle par la création de pouvoir d’achat sans cause à atteint ses limites ? Affirmeront-nous que les tentatives d’abaisser artificiellement, par une extension du crédit, le taux d’intérêt qui se forme sur le marché ne peuvent aboutir qu’à des résultats provisoires et que la reprise des affaires qui intervient au début, sera forcément suivie d’une rechute plus profonde laquelle se traduira par une stagnation complète de l’activité industrielle et commerciale ».
Aurons-nous la lucidité d’ajouter que si l’on n’abandonne pas les politiques keynésiennes et que l’on ne cesse pas de colmater chaque baisse importante des actifs par des mesures artificielles, aucune économie ne pourra fonctionner harmonieusement.
Serons-nous pour la réforme du système monétaire et financier international par le rétablissement progressif des grands équilibres au premier rang desquels la fixation la plus libre du prix des actifs (dont la monnaie plus particulièrement), par le marché libre. Le juste prix étant le signal qui indique à l’individu ce qu’il doit faire en lieu et place de la planification actuelle de la production de monnaie et des taux d’intérêts par les banques centrales qui fausse l’information dont le prix est porteur et provoque une allocation erronée de liquidités non conforme aux besoins réels de ses utilisateurs.
Pour terminer, rappelons-nous ce que disait Maurice Allais notre unique Nobel d’économie :
« L’expérience montre qu’il ne peut y avoir ni efficacité de l’économie ni équité de la répartition des revenus dans une économie monétairement instable ».
Si rien n’est fait dans ce sens, toutes les monnaies seront détruites au plus grand bénéfice de l’or, métaux précieux et autres matières premières dont l’explosion des prix est inéluctable.
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La crise est systémique.
C’est le système monétaire lui-même qui est en cause.
C’est le système de réserves fractionnaires et son corollaire : l’effet multiplicateur du crédit qui sont en cause.
Ainsi que la fuite en avant exigée par le système d’intérêts.
C’est pourquoi ni les louanges chantés par les thuriféraires de la banque centrale européenne, ni les incantations des «la crise ne viendra pas en Europe n’y pourront rien.
La désintégration du système financier actuel est inéluctable.
Réforme du système financier
En ce qui concerne l'Europe , Il faut revoir , redéfinir et même modifier les statuts et les objectifs de la BCE pour qu'elle prenne plus en compte l'objectif du plein emploi et de la croissance et non pas seulement l'inflation comme c'est le cas de la FED et de la plupart des banques centrales du monde entier et notamment celle des pays de l'OCDE et des pays développés . Cela ne veut pas dire qu'il faut remettre en cause l'indépendance de la BCE , je n'ai pas dis cela . La politique actuelle de la BCE qui consiste à avoir un objectif principal qui est la lutte contre l'inflation n'est pas une politique porteuse de plein emploi et de croissance à long terme (donc une politique aux effets plutôt négatifs) , sachant que la jeune BCE n'existe que depuis 10 ans et donc les effets de sa politique seront incertains pour les prochaines décennies . Cela fait plusieurs années , notamment depuis la naissance de la BCE , que les pays de la zone euro ont des taux de croissance et de chômage médiocres , donc pourquoi ne pas revoir les statuts et les objectifs de la BCE ? En tout cas il va falloir discuter de cette question avec nos partenaires européens .