Relations Nord / Sud

Contribution de militants des deux sections socialistes de Paris 13e

Quelques éléments qui émergent du débat :

Dans le contexte de mondialisation, le transfert d’activités vers des pays à faible coût du travail paraît difficile à contrer, sauf en rétablissant des barrières douanières élevées. Un tel protectionnisme ne peut être généralisé, car il n’est pas question d’empêcher les pays du Sud de se développer. Et il n’est pas question de rejeter le rôle de l’OMC, qui cherche à promouvoir le libre-échange mais peut aussi promouvoir des règles.

Dans le cadre de l’OMC, il faudrait pouvoir pratiquer un protectionnisme « différencié », en fonction de certains critères : le respect de droits syndicaux, sociaux, le respect de l’environnement… Mais sans considérer le monde entier avec nos yeux d’occidentaux, en tenant compte de la réalité économique et sociale, des besoins des familles, des conditions locales de développement (tout le monde de peut pas respecter des critères très exigeants).

De leur côté, les pays du Sud les plus en retard de développement devraient pouvoir maintenir des barrières douanières élevées, sans réciprocité, par exemple pour protéger leur agriculture. Ils doivent pouvoir bénéficier dans le cadre de l’OMC d’accords préférentiels, que l’Union européenne devrait s’engager à défendre.

Dans les pays du Nord, il n’est pas question d’abandonner les travailleurs les plus fragiles, il faut donc opérer une distinction entre les secteurs les plus exposés à la concurrence internationale et les autres, mettre en œuvre une politique industrielle qui permette le maintien d’un certain type d’emplois, même si un effort doit également être fait en faveur d’un meilleur niveau de formation professionnelle.

A partir du moment où les peuples du Nord sont attachés à un certain niveau de protection sociale (qui pèse sur le coût du travail) et de pouvoir d’achat, ils doivent s’engager dans la recherche d’une compétitivité hors-prix, sur le modèle allemand : meilleure spécialisation, haut niveau de qualification et de productivité, amélioration de la qualité des produits (par exemple dans le domaine agricole).

En règle générale, les consommateurs doivent être associés à ces choix de société. On pourrait imaginer un label reconnu par l’ensemble des pays européens, appliqué aux produits des entreprises respectant un certain nombre de critères. Le niveau des barrières douanières européennes pourrait varier en fonction de ce label.

L’une des clés du problème reste bien sûr le développement des pays du Sud, pour que le fossé se comble peu à peu. D’où l’importance des échanges internationaux, mais aussi de l’aide publique au développement, qui reste très insuffisante (loin du niveau de 0,7% du PIB régulièrement repris dans le cadre de l’ONU). Les pays africains en sont très dépendants, à la différence des pays émergents qui bénéficient eux largement du libre-échange.

On pourrait attendre une initiative forte de l’Internationale socialiste pour contribuer à réguler ce capitalisme international dominé par les logiques financières, et qui semble aujourd’hui responsable du retour des famines dans les pays pauvres, les produits agricoles faisant aujourd’hui l’objet d’opérations de spéculation. Mais l’Union européenne est sans doute un cadre plus adéquat pour prendre des décisions efficaces.

Se pose bien sûr la question de la politique d’immigration des pays du Nord, compte tenu de l’importance croissante des flux migratoires. Dans le cas de la France, il apparaît qu’une large majorité des immigrés expulsés ont une activité professionnelle, que beaucoup sont relativement qualifiés et répondent à des besoins dans tel ou tel secteur. On pourrait donc s’orienter vers une politique de régularisation à la demande des employeurs, pour bien faire apparaître le lien entre la politique d’immigration et les réalités économiques.

Le lien avec une politique de co-développement doit également être souligné. Par exemple en facilitant les allers-retours entre pays d’origine et pays d’accueil (beaucoup d’immigrés ne souhaitent pas s’installer définitivement dans un pays du Nord). On pourrait aussi imaginer qu’une partie des cotisations prélevées sur les salaires des travailleurs immigrés alimente des fonds investissant dans les pays d’origine de ces travailleurs.

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